" Sur le pas de la porte de la maison qu'ils squattent dans le 3e arrondissement de Marseille, Mariana et son époux montrent l'arrière embouti de leur Opel break. Une bâche en plastique fait office de pare brise. La jeune femme raconte : "Ils lui ont foncé dessus et ont jeté des bouteilles en verre sur la voiture, en criant Romani ! Romani !"
Dans la cour de cette friche industrielle, des cabanes qui abritaient des Roms ont récemment été la cible de bouteilles remplies d'essence et lancées avec un chiffon enflammé. Mariana parle aussi de coups donnés avec des battes de base-ball. La décision est arrêtée : cette jeune Roumaine de 25 ans et sa famille vont retourner à Bucarest durant deux semaines, dans l'espoir "que ça se calme". Mais le retour se fera : "On est venu à Marseille car c'est mieux ici." Dans les squats roms, dans les écoles où les enfants ont été scolarisés cet hiver, les témoignages font état d'une hostilité grandissante et de violences à l'égard de la dernière communauté s'étant implantée à Marseille, principalement dans les quartiers les plus pauvres. Ils seraient mille à mille cinq cents Tziganes de nationalité roumaine ou bulgare à vivre dans les Bouches-du-Rhône depuis l'élargissement de l'Union européenne, en 2007. Logés dans des conditions insalubres, sans eau, parfois sans électricité, les Roms travaillent principalement au ramassage de la ferraille qu'ils transportent dans des poussettes d'enfants et dans des camionnettes, leurs outils de travail.
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